Mort subite du nourrisson : statistiques

Statistiques autour de la Mort Subite du Nourrisson

La Mort Subite du Nourrisson (MSN) a longtemps été la 1ère cause de décès des nourrissons en période post-néonatale (de 1 mois à 1 an). Aujourd’hui elle reste une composante importante des Mort Inattendue du Nourrisson (MIN) bien qu’il manque encore des études précises à ce sujet.

A partir des années 1970, la MSN a fait l’objet de nombreuses études dans les pays développés.

L’Institut de Veille Sanitaire a ainsi observé que la Mort Subite du Nourrisson (MSN) a été marquée par une forte croissance dans les années 1970 et le début des années 1980, suivie d’une décroissance importante à la fin des années 1980.

Les campagnes de prévention ont permis cette diminution. Elles portaient sur les sujets suivants:

  • couchage du bébé sur le dos au lieu d’être sur le ventre ou sur le côté
  • ne pas coucher bébé sur un matelas mou
  • ne pas coucher bébé sur des couvertures, couettes ou oreillers
  • ne pas coucher bébé dans un canapé, un fauteuil ou lit adulte a fortiori partagé avec une autre personne
  • ne pas surchauffer la pièce ou trop couvrir le bébé
  • tabagisme passif

Ces simples conseils appliqués ont permis une baisse d’à peu près 75% de la mortalité par MSN en quelques années seulement.

Actuellement, les statistiques de décès françaises enregistrent chaque année un peu moins de 300 décès identifiés comme MSN.

 

 LA MSN en 2005 et son évolution depuis 1975

Le taux de décès global en période post-néonatale est de 31,9/100 000 naissances vivantes. Il passe de 1/100 000 chez les plus jeunes à 29,3 chez les enfants de plus de 27 jours.

Une surmortalité masculine
2 enfants décédés sur 3 en 2005 étaient des garçons. Le taux de mortalité masculin atteint 39,4 versus 24,1/100 000 chez les filles.

Une moindre mortalité infantile dans le sud de la France
Les plus faibles taux entre 2000-2005 sont principalement enregistrés dans les régions du sud de la France : Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur

Taux de décès des nourrissons selon les régions France

La France, une forte mortalité au sein de l’Europe
La mortalité par MSN varie très fortement entre pays de l’Union Européenne. En 2005, le taux moyen de décès des 27 pays est de 25/100 000 naissances vivantes.
La France se situe derrière des pays tels que la Lettonie au plus fort taux de décès (79,1/100 000), l’Allemagne, la Lituanie, mais nettement devant le Royaume-Uni (26,2). La Bulgarie, la Roumanie et la Grèce sont en sous-mortalité (moins de 10/100 000). Par ailleurs, le Portugal et la Slovénie n’enregistrent quasiment pas de décès par MSN en 2005. Globalement, la carte des taux de décès fait ressortir un gradient de forte mortalité dans les pays de l’Europe centrale et du Nord.

taux décès par MSN en Europe

Les faibles taux de décès par MSN observés dans les régions du Sud de la France, de même que dans les pays d’Europe du Sud, notamment au Portugal et en Slovénie, pourraient traduire une bonne application des mesures de prévention dans ces régions et/ou une meilleure prise en charge de la MSN.

Les taux de décès, plus élevés en France que dans d’autres pays européens, pourraient aussi s’expliquer par une politique de santé non homogène au niveau européen. On doit également évoquer les possibles différences dans les procédures d’enregistrement des décès : en particulier, y a-t-il davantage de causes inconnues ou indéterminées dans les pays à faible mortalité ?

 

SOURCE : « Mort Subite du nourrisson : situation en 2005 et tendances évolutives depuis 1975 » Albertine Aouba, Françoise Péquignot, Martine Bovet, Eric Jougla. Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), Inserm, Le Vésinet, France.
SOURCE : INSTITUT DE VEILLE SANITAIRE J.Bloch, P.Denis, D.Jezewski-Serra et le comité de pilotage. « Les morts inattendues des nourrissons de moins de 2 ans. Enquête nationale 2007 – 2009 »